Le personnage légendaire: Ghostface Killah vingt ans après Ironman

Toujours aussi unique, Ghostface Killah n’a jamais arrêté d’innover et de créer, même dans le moment actuel où il est regardé comme légende du hip-hop. Avec deux collaborations à sortir en 2017 et en pleine fête de vingt ans de carrière solo, Ghostface est ne cesse pas de faire du rap à sa sauce bien à lui. 

Ghostface-Killah_02-09-2016

Voyant et coloré. Ridicule et rigolo. L’image du rappeur Ghostface Killah a toujours été originale et inattendue, bizarrement en contraste avec son rap cru et parfois provocant. Également connu sous les noms Ghostdini, Ironman, Tony Starks, et Pretty Toney, aujourd’hui l’artiste caméléon est plus que rappeur.

Vingt années exactes après la sortie de son premier album solo, Ghostface est un pilier dans l’histoire de la musique rap et de la culture populaire de New York. Voilà à quoi il se ressemble deux décennies après son entrée dans les annales du hip-hop.

LES ORIGINES DANS LE WU-TANG CLAN

Né Dennis Coles le 9 mai 1970, Ghostface Killah a grandi dans une cité à Staten Island, l’arrondissement le plus méconnu et le plus raillé de New York. Cette origine ultra modeste a assurément influencé ses rimes, mais elles n’ont pas écrasé l’esprit libre et créatif du rappeur.

Au début des années 90, Ghostface est devenu membre fondateur du collectif Wu-Tang Clan. Un groupe de geeks noirs originaux, ils étaient hyper passionnés par les films de Kung Fu et les bandes dessinés des années 70. Le groupe a eu un grand succès avec leur premier album Enter the Wu-Tang (36 Chambers), sorti en 1993.

Depuis la sortie de ce premier album, le Wu-Tang Clan a pu jouir d’un statut de groupe avant-gardiste et majeur dans le monde du rap. Les artistes du Wu-Tang ont introduit un son distinctif avec des paroles comiques contrastées par des échantillons sonores inédits et sombres des anciens films d’arts martiaux et de la musique soul.

Ce statut d’avant-garde est en grande partie dû à Ghostface Killah. Son style de rap narratif, plein d’argot inventé et des phrases qui sautent du coq à l’âne, a vite intéressé les critiques de l’époque. Selon Pitchfork Magazine, « Ghostface a des instincts narratifs sans parallèle ; il est peut-être le meilleur narrateur le plus coloré que le rap n’a jamais vu. » Avec ces tels talents, Ghostface contribue sans aucun doute au son excentrique du groupe.

L’excentricité du Wu-Tang était bien cultivé avec son confrère Ol’ Dirty Bastard, mais à côté de son style de bizzareries, Ghostface garde une réputation bien plus stable et constant que celle d’ODB. Ce dernier, aussi mythique que Ghostface Killah, est mort en 2004 suite à des nombreux problèmes personnels, une incarcération de deux ans, et toute une vie au comportement erratique et autodestructeur.

SA CARRIÈRE SOLO

Après avoir collaboré considérablement avec Raekwon (autre artiste du Wu-Tang) sur son album solo, Ghostface a sorti son propre premier album en dehors du groupe le 29 octobre 1996. Ironman, nommé après l’alter ego du super héros du monde de Marvel, a vu un succès de la même ampleur que le début du Wu-Tang, avec 500 000 exemplaires vendus en seulement quinze mois après sa sortie. Ironman a donc été certifié disque d’or (et puis disque de platine en 2004).

Fait à l’aide de RZA, producteur de génie du Wu-Tang, cet album est souvent nommé comme un des meilleurs opus solo d’un membre du Wu-Tang. Celui de Ghostface sort de l’eau avec un changement créatif intentionnel : utiliser des échantillons de films du genre du blaxploitation au lieu des films de Kung Fu typiquement utilisés par le groupe. Ceci solidifie la vision unique de Ghostface.

L’ARTISTE VALIDÉ À 100%

Passé les épreuves en groupe et solo, Ghostface continue son travail au sein du Wu Tang et ailleurs. À part les sept albums du groupe iconique, GFK présente une œuvre assez prolifique avec seize albums dont quatre en collaboration avec d’autres artistes. Encouragé par son succès ininterrompu, le rappeur se permet d’expérimenter toujours avec le son et des influences changeantes, notamment le R&B.

À ce stade de sa carrière, Ghostface est également une véritable personnalité culturelle. Aux côtés des autres du Wu-Tang et aussi indépendamment, GFK a fait plusieurs brèves apparitions dans des films et séries bien variés et bien à part du monde de hip-hop. Plus notamment, Ghostface est apparu dans la série « 30 Rock » et dans un nombre de jeux vidéo, ainsi que dans le film Iron Manen 2008.

Collaborateur en série fidèle à sa première passion, Ghostface n’est pas du tout prêt à prendre sa retraite. Il partage sa marque d’artiste influent en promouvant des artistes peu connus et décalés comme lui-même. En octobre 2016, Ghostface a confirmé le jeune rappeur indonésien Rich Chigga en travaillant sur un remix de son tube « Dat $tick », qui a attiré le buzz l’été dernier avec son image imprévisible et absurde complètement en dehors du style actuel du genre.

L’AVENIR DE LA LÉGENDE

Aujourd’hui, la presse musique attend avec impatience les prochains projets de Ghostface y compris un album collaboratif avec MFDOOM et la suite de l’histoire introduite par son deuxième album solo Supreme Clientele.

Toujours actif avec une renommé solide, Ghostface Killah n’a rien à prouver. Maintenant, il joue avec et sans le Wu-Tang Clan en fournissant des créations validées à chaque fois par les critiques et les auditeurs. Anormale mais bien adoré, il reste loyal à ses instincts individuels. Le public reste captivé par chacun de ses pas innovateurs et libres.

Image de Ghostface Killah via HipHopDX.

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