Les jeunes américains quittent le pays en nombre. Une expatriée témoigne.

Étudier pendant un semestre à l’étranger, voyager à Cancun pendant les vacances de printemps, faire du bénévolat l’été entre des années à la fac. Jusque là, la tendance parmi les jeunes américains était de voyager pour des courtes durées, dans le cadre d’une expérience éducationnelle ou pour des simples détentes. Mais il y a de plus en plus de jeunes actifs et d’étudiants qui s’en fuient des États-Unis pour une durée indéterminée.

En 2011, le Département d’État des États-Unis annonçait que plus que 6 millions d’américains vivait à l’étranger. Selon l’édition américaine du média internationale russe RT, le nombre d’expatriés américains âgés d’entre 25 et 34 ans a explosé depuis 2009, en passant de 1% à plus de 5% d’américains dans cette tranche d’âge.

Une jeune américaine qui vit cette auto expatriation, Emily Clark, se témoigne de la tendance des jeunes de quitter chez soi. L’ex-professeur des écoles à Richmond, en Virginie, a tout délaissé après sa première année en tant qu’institutrice pour tenter de s’installer à Cahors, près de Toulouse.

Pourquoi êtes-vous en France actuellement?
Je suis en France pour travailler en tant qu’assistante de langue avec le programme TAPIF [« Teaching Asssistant Program in France », en français « Programme d’assistants de langue en France »]. Je vais aider l’enseignement d’anglais dans une école élémentaire publique à Cahors.

Quelle est la motivation de votre décision de venir travailler en France ?
Je voulais toujours vivre en France parce que le pays est tellement beau. Également, j’essaie d’améliorer mon français pour que je puisse enseigner la langue aux enfants américains si je reviens aux États-Unis.

Est-ce que votre première année en tant que professeur des écoles vous a influencé dans votre décision de partir en France ?
Oui cette expérience m’a influencé. C’était une année stressante dans un environnement frénétique. Je savais que je ne voulais pas continuer de travailler dans une telle situation. En même temps, je me suis dit que je devais faire le programme TAPIF maintenant, quand je suis toujours jeune et sans trop de liens à une école aux États-Unis.

Vous venez d’arriver en France cette semaine. Avez-vous une idée de combien de temps vous voulez vivre à l’étranger ?
J’aimerais vivre à l’étranger pendant quelques années, mais ça dépend sur cette année et si ça se passe bien.

Vous avez fait un semestre à l’étranger auparavant. Est-ce que l’expérience était positive ?Pensez-vous que cette année sera différente que votre dernière expérience en France ?
Pendant mon semestre dans l’Île de Ré, je vivais avec une famille d’accueil géniale qui m’a accueilli chaleureusement. J’étais avec un group d’étudiants qui étaient en train de vivre les mêmes choses que moi donc je ne me sentais pas du tout seule dans l’expérience. Cette année il y aura beaucoup moins d’accompagnement. Ce n’est pas comme si le logement et les activités sont déjà choisis avant de mon arrivée. Je dois trouver ces choses moi-même pour m’installer.

Après seulement cinq jours en France, comment vous vous sentez ?
Je suis très contente d’être de retour pour une durée si longue, mais je ressens aussi un peu de choc culturel. Je deviens très anxieuse quand je parle parce que j’ai peur que les personnes ne vont pas me comprendre. Mais la vraie difficulté c’est pour moi de comprendre les réponses des autres. Je suis anxieuse aussi par rapport à la recherche d’un logement et l’ouverture d’un compte bancaire, toujours parce que c’est difficile de comprendre quand les français me parlent.

Vivre à l’étranger, a-t-il une valeur dans le marché de travail, ou est-ce que l’expérience a plus d’importance personnelle?
Vivre à l’étranger a une valeur dans le monde réel. Les personnes grandissent quand ils quittent leurs zones de confort. Je mettrai cette année sur mon CV parce que l’expérience m’aidera de trouver un autre poste en tant que professeur si je reviens chez moi. Du côté personnel, j’aime l’aventure et participer dans ce programme est une grande aventure pour moi.

À votre avis, est-ce que les jeunes américains d’aujourd’hui vont à l’étranger plus souvent que la génération d’avant ? Pourquoi ?
Je pense qu’il y a plus de jeunes qui vont à l’étranger qu’à l’époque de nos parents parce que les jeunes se marie plus tard. Les droits des femmes ont beaucoup changé aussi, donc il y a plus de femmes qui sont ouvertes à l’idée de faire des choses aventureuses comme vivre à l’étranger au lieu de se marier et devenir maman à l’âge de 20 ans.

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